"Le football il a changé"
19 Mai 2026
L’OM s’est défait du Rennes de Franck Haise et Valentin Rongier dimanche dernier. Le club a signé une victoire capitale dans la course à l’Europe et valide une qualification en Europa League. La saison se termine et plusieurs départs sont d’ores et déjà annoncés, dont un qui est acté, celui du directeur du football, Medhi Benatia. Après une saison sous haute tension secouée par un jeu de chaises musicales en interne, par des relations tendues entre les dirigeants, les coachs et les joueurs, l'OM s'est effondré. Comme souvent, l’OM repartira de zéro lors de l’exercice 2026/2027. Comment en est-on arrivé là ? Cet article tente d'expliquer les raisons de cet échec cuisant en allant chercher là où tout à commencer, c'est à dire à la source, lors de l'exercice 2024/2025.
Il est coutume de lire ou d’entendre à propos d’un joueur ou d’un coach qu’il est « OM compatible » ou, à l’inverse, « qu’il est incompatible ». Lors de son arrivée au club, le consensus général s’accordait à dire que Medhi Benatia était OM compatible. Les raisons évoquaient le passé de Benatia avec l’OM et donc qu’il connaît le contexte marseillais jugé difficile voire intenable. Arrivé en tant que simple conseiller sportif de Pablo Longoria lors de la folle saison Marcelino/Gattuso/Gasset, Medhi Benatia avait pour mission d’apporter un peu de rigueur et de soulager Pablo Longoria lors des mercatos, lui qui agissait avec la double casquette de Président/Directeur Sportif. La carrière de Benatia en tant que joueur et sa fine connaissance de l’environnement marseillais devaient en faire le candidat idéal. Lors de son arrivée, Roberto De Zerbi est lui aussi "OM compatible" d'après les médias et l'avis général. Coach au sang chaud, véritable passionné et supporter ultra du club de Brescia. Les éléments étaient réunis, de nouveaux éléments OM compatibles, une ambition affichée d'aller titiller le PSG et de jouer la Ligue des Champions chaque saison. Malgré tout, l'OM est aujourd'hui dans une situation préoccupante. Le club atteint rarement ses objectifs et l'exercice 2025/2026 fut un véritable fiasco, une catastrophe pour le club et le fameux projet de trois ans du trio Longoria/Benatia/De Zerbi a explosé en plein vol. Comment en est-on arrivé là ?
Lors de l’étrange saison 2023/2024, Medhi Benatia rejoint la direction olympienne en tant que conseiller du football et a pour mission de remettre un peu d’ordre dans l’effectif marseillais et de faire signer des recrues. Sa carrière en tant que joueur puis son passif d’agent de joueurs et son carnet d’adresses lui ouvraient certaines portes. Très vite Medhi Benatia cible un joueur de l’effectif, Jonathan Clauss, qui ne met plus un pied devant l’autre dans un effectif qui a du mal à performer. Il faut rappeler que lors de la saison en question, l’OM aura connu trois coachs : Marcelino, ami de Pablo Longoria, qui a vite quitté le navire. Gattuso, venu avec son célèbre caractère pour redynamiser des joueurs en état de mort cérébrale. Puis le regretté Jean-Louis Gasset, connu pour son management grâce à ses qualités humaines et une parfaite compréhension des joueurs qu’il entraîne. Medhi cible donc quelques joueurs dont les comportements posent problème au quotidien, dont Jonathan Clauss. D’après les différentes informations parues dans la presse et chez certains comptes qui suivent l’OM, Benatia ne lâche pas l’ex-lensois. Néanmoins les mots du conseiller sportif à propos de Clauss sont justes et résonnent positivement chez les supporters. Benatia souhaite mettre la rigueur et le professionnalisme au centre du projet marseillais. Présent aussi bien en interview qu’au bord du terrain lors des entraînements, Medhi Benatia s’impose et ses qualités de dirigeant sont à l’époque évidentes. La saison se termine et l’OM se classe 8e au classement, place honteuse pour un club mythique qui n’en finit plus d’enchaîner des projets morts-nés et qui voit les coachs défiler sans jamais s’imposer ni réellement réussir leur mission. Malgré cette 8e place en Ligue 1, une vague d’optimisme enveloppe l’Olympique de Marseille. Pablo Longoria qui bénéficie d’un capital sympathie sera désormais soulagé lors des mercatos par Medhi Benatia. Bien avant qu’il ne réussisse quoi que ce soit, le duo est vu comme le sauveur du club marseillais. Alors que l’Olympique de Marseille n’est pas qualifié pour l’UEFA Champions League, le conseiller du football ramène Roberto De Zerbi, entraîneur hype du moment avec son jeu de possession et ses errements défensifs. L’italien est convaincu par le discours de Medhi Benatia et la direction marseillaise annonce un énième nouveau projet de trois ans avec Roberto De Zinzin, jugé OM compatible, en tête d’affiche. L’ex entraîneur de Sassuolo et de Brighton est connu pour avoir le sang chaud. Certains joueurs comme Maxime Lopez ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Benatia réussit donc à ramener un entraîneur populaire aux idées de jeu bien définies et commence son mercato estival. Arrivent Géronimo Rulli, Jeffrey de Lange, Derek Cornelius, Lilian Brassier, Ismaël Koné, Pierre-Emile Hojbjerg, Valentin Carboni, Elye Wahi, Neal Maupay, Jonathan Rowe, le très et justement controversé Mason Greenwood et Adrien Rabiot. Le club enregistre pas moins de 18 départs entre des ventes et des prêts. Le premier gros coup de Benatia est beaucoup plus sujet à polémiques, celui de Mason Greenwood. L’ex-mancunien est au centre d’affaires extra-sportives graves et il devient persona non grata en Angleterre. Manchester United brade le prix du joueur car il souhaite s’en séparer alors qu’on annonçait Mason comme la future star de United. Crack absolu, pétri de talent balle aux pieds, l’Angleterre ne veut plus de lui après les révélations de sa compagne qui accuse Mason de l’avoir frappée. Le joueur aurait également forcé sa compagne à avoir des rapports intimes. Manchester United expliquera qu’après enquête, le joueur n’est pas coupable de ce dont on l’accuse mais qu’il a tout de même gravement fauté et que, par conséquent, le club décide de se séparer de Mason en le plaçant sur la liste des transferts. Medhi Benatia et Pablo Longoria expliqueront qu’ils ont enquêté de leur côté avant de signer le joueur et qu’ils ont obtenu la certitude que Mason est innocent des faits qui lui sont reprochés. L’arrivée de l’ex-mancunien divise logiquement les supporters. Les explications concernant son affaire de violences conjugales sont floues. Les éléments qui sont sortis laissent pourtant peu de doutes, Mason semble bel et bien coupable mais il est toujours en couple avec sa compagne et aucune réponse définitive ne sera apportée quant à cette sombre histoire. Dès les premiers matchs, son talent inné est indéniable mais un goût amer reste en bouche. La direction marseillaise a choisi d’être opportuniste en recrutant un joueur polémique qui n’aurait jamais donné l’heure à l’Olympique de Marseille sans son affaire extra-sportive. L’autre coup de Medhi Benatia est de faire venir un ex-parisien et international français, Adrien Rabiot, joueur talentueux qui promet à Benatia de le ramener en Ligue des Champions car le nouveau projet marseillais s’annonce ambitieux sur le papier : un projet de trois ans avec Roberto Désherbant et des joueurs capables de résister à la pression de l’OM pour finir chaque saison sur le podium afin de se qualifier en UEFA Champions League.
Malgré une première saison jugée réussie grâce à sa deuxième place en Ligue 1, Marseille montre parfois des signes inquiétants au niveau de l’engagement. Certains joueurs sont parfois amorphes et le coach italien ne comprend pas comment ses joueurs peuvent montrer deux visages aussi différents d’un match à l’autre. Medhi Benatia se distingue par une présence médiatique appuyée et charge les joueurs de l’effectif, pointant du doigt des attitudes inacceptables. Adrien Rabiot fera le même constat après une défaite 3-1 contre le Stade de Reims. De son côté et déjà lors de sa première saison, Roberto De Zerbi menace de quitter le club. Il faudra des stages loin du centre d’entraînement pour souder les joueurs et lancer une nouvelle dynamique, l’environnement marseillais étant jugé toxique par le Directeur du Football et le coach italien. Benatia lancera quelques pics adressés à certains sans jamais les nommer, expliquant qu’au sein de l’organigramme marseillais, des personnes agissent contre les intérêts de l’OM. Durant la trêve hivernale, le conseiller sportif renvoie Ely Wahi et Lilian Brassier qui n’arrivent pas à performer. Ismaël Koné est lui aussi prêté suite à une altercation avec Roberto De Zerbi lors d’un entraînement. Le message est clair, ils doivent partir au plus vite car le club n’a pas de temps à consacrer à des joueurs qui ne s’intègrent pas au projet. Benatia arrondit les angles concernant les joueurs en question au cours d’une interview mais il est évident qu’il fait preuve d’intransigeance. Marseille n’a pas de temps, mais Marseille demande quand même du temps et de la patience à ses supporters pour que son projet atteigne sa forme finale car des contre-performances parfois inquiétantes semblent indiquer que malgré les efforts déployés, le fameux projet n’est pas étincelant. Le coach italien déclarera déjà lors de sa première saison qu’il pourrait éventuellement quitter ses fonctions d’entraîneur. Il cherchera également à faire réagir ses joueurs en refusant de guider une séance d’entraînement, chose qui sera mal reçue par certains olympiens. Publiquement, le discours appuie sur le génie de De Zerbi qui chercherait des leviers pour que son effectif réagisse. En interne, les choses sont plus compliquées et l’on raconte que Roberto De Zerbi est ingérable sur le plan émotionnel et qu’il serait coupable de caprices, comme celui de menacer ses joueurs et la direction d’une démission. Murillo, chouchou de Roberto De Zerbi en fera les frais lors du mercato hivernal 2025/2026. Pas le meilleur joueur de l'effectif mais soldat sur lequel on peut tout de même compter, il sera éjecté par De Zebi après une mauvaise prestation. Le comportement de Medhi Benatia jugé trop rude est également évoqué en filigrane. Les rapides changements dans l’effectif, les coups de sang de leur Directeur du Football ainsi que le chantage affectif de leur coach commencent à poser question chez les joueurs. Les discours de Roberto De Zerbi tournent autour de la passion pour le maillot, du besoin d’avoir des couilles. Chose qu’il répétera inlassablement. Mais ses réactions suite aux quelques déroutes de son équipe en championnat passent parfois difficilement. Même quand les choses vont bien l'entraîneur se montre parfois pessimiste. L’italien a un comportement de diva à la limite de la relation toxique, donnant le sentiment qu’il réagit comme un fan du club qui s’étale sur le réseau X. Tout récemment, Maxime Lopez a révélé en interview qu’il avait prévenu RDZ après sa fameuse déclaration où il expliquait qu’il quitterait le club si l’on jugeait qu’il était le problème. L’ex-marseillais lui a dit que ce genre de sortie médiatique ne pouvait pas se répéter à Marseille. Lopez qui connaît très bien l’OM mais aussi Roberto De Zerbi a senti que le coach italien n’arrivait pas à prendre le recul nécessaire et qu’il prenait les choses beaucoup trop à cœur. Ajoutant que c’est un coach « qui se met beaucoup trop de pression au quotidien et que ça peut être pesant à la longue ». Marseille est un volcan toujours prêt à entrer en éruption, un club soumis à une pression constante et absurde à cause d'un passé glorieux remontant à l'âge de pierre. Roberto De Zerbi y a ajouté sa dose de pression quotidienne exacerbée. De l’autre côté, un Medhi Benatia certes très ambitieux mais connu pour avoir un caractère difficile, a rajouté une couche de pression à ce mélange explosif. La saison 2024/2025 s’est terminée avec une deuxième place mais avec, déjà, des signes de fébrilité dans les prestations des joueurs et également des signes de fébrilité chez le coach et la direction du club incarnée par le duo Longoria/Benatia dont le premier, pour le moment épargné dans cet article, n’a pas manqué lui aussi de dégoupiller, comme lors de son fameux pétage de plomb « tous corrupt !! » devenu culte. Lors de cette saison jugée réussie, Medhi Benatia a pris les coups pour l'OM. Il est régulièrement monté au créneau pour dénoncer les errements des arbitres. Mais cette mission lui est montée à la tête, tout comme Pablo Longoria et RDZ.
L’autre élément à ne pas négliger est la pression financière à laquelle le club et ses dirigeants sont constamment soumis. L’OM a beaucoup dépensé et doit, pour rentrer dans les clous, se qualifier pour la Ligue des Champions qui représente une manne financière non négligeable. Les obligations des dirigeants mais aussi des joueurs, sont donc d’obtenir des résultats sur le plan sportif mais aussi sur le plan financier. Nul doute que cette pression a elle aussi ajouté une autre couche de pression aux dirigeants qui en ont certainement trop fait auprès des joueurs et de la presse en pétant des boulons avec des sorties médiatiques lunaires. Bien que jugée réussie, la première saison laissait entrevoir des signes très inquiétants sur le plan mental, aussi bien du côté de l’effectif que du côté des dirigeants olympiens. Et les blessures de l’exercice 2024/2025 amèneront à une inévitable hémorragie dès le début de la saison 2025/2026, après le premier match de championnat perdu face au Rennes d’Habib Beye. L’on parle ici de la gestion de l’affaire Rabiot, éjecté du club pour une banale histoire de vestiaire qui aurait pu se régler en interne. Lui qui a amené le club en Ligue des Champions et qui était le visage de ce nouveau projet, a été effacé comme un vulgaire joueur de seconde zone en fin de mercato. Lui qui était dépeint par Benatia et Longoria comme un homme exemplaire autant sur le plan sportif que personnel. Loué pour ses qualités d’homme. Pourtant transféré vers le Milan AC après des joutes verbales par médias interposés entre les dirigeants et la mère du joueur. Une affaire qui a pris des proportions absurdes, gérée par des dirigeants à l'égo surdimensionné qui invoquent le respect de l'institution qui serait au-dessus de tout pour se dédouaner. Tout ça pour une banale affaire de vestiaire, alors qu'ils n'ont pas hésité à ébranler cette fameuse institution en recrutant un joueur au passé sulfureux en la personne de Mason Greenwood. Après une seule journée de championnat, tout le discours des dirigeants s’effondre, et même pire, ceux-ci passent pour de véritables pitres.
Au départ de son aventure, le duo Benatia/Longoria semblait vivre une relation idyllique. Les discours face caméra et dans la presse étaient parés d’une belle dorure. Pablo n’avait jamais connu un Directeur du Football aussi travailleur et Benatia n’avait jamais connu un Président aussi compétent. Mais au fil du temps l’un et l’autre ont cessé de s’envoyer des fleurs dans les médias et l’on raconte que leur relation s’est dégradée. Tout comme l’on raconte que la relation entre De Zerbi et Benatia se serait elle aussi dégradée, en même temps que les relations entre Benatia et De Zinzin se sont dégradées avec les joueurs. Du côté des résultats sportifs, l’OM gagne malgré le départ de Rabiot mais il montre une fois de plus d’évidents signes de faiblesse, dans le jeu, dans l’engagement, dans l’attitude. Le fameux De Zerbi Ball est la plupart du temps aux abonnés absents même s’il apparaît parfois lors de courtes séquences. Puis les mauvais résultats s’enchaînent et des « révélations » ne cessent d’apparaître sur la toile. Une fracture nette séparerait Benatia de ses joueurs à cause de leur attitude et de l’attitude du Directeur du Football. Une autre fracture séparerait le coach de son effectif, lassé de la pression quotidienne exacerbée de leur entraîneur adepte du chantage affectif qui a plusieurs fois parlé de démission même quand il n’y avait rien d’alarmant. L’italien aurait même plusieurs fois présenté sa démission, ou il aurait au moins menacé de le faire. Jamais deux sans trois, une autre fracture est apparue, celle qui sépare le duo Benatia/Longoria. L’un et l’autre cessent les mamours en public. L’épisode le plus surréaliste part d’une information sur X après la démission de Roberto Dé Zerteur, l’on annonce qu’après une réunion avec Franck McCourt, Medhi Benatia serait sur le point d’avoir, sur le plan symbolique, la double casquette Président/Directeur du Football et que Pablo Longoria serait rétrogradé. Certains évoquent un putsch contre Longoria mené par Benatia afin que le khalife prenne la place du khalife. A ce moment précis il était évident que les informations étaient en partie vraies, notamment celle qui annonçait le départ de Longoria. Personne n’a communiqué à ce propos, ni Benatia, ni Longoria. Pablo Longoria quittera ses fonctions par la petite porte après un bilan mitigé et Medhi Benatia prendra les pleins pouvoirs de l’OM sans que cela ne soit jamais officialisé et malgré l'annonce d'un Président intérimaire en la personne d'Alban Juster. Pourtant, l'ex-joueur du Bayern et de la Juventus a lui aussi cherché à quitter le club. Annonçant son départ lors de cette tempête sans passer par les cannaux officiels du club, par un simple communiqué de sa part, pour finalement revenir à la demande de McCourt. La suite de l’histoire est assez simple si l’on se base sur les informations ou les rumeurs que nous avons à disposition. Beye est arrivé au club pour essayer de sauver la saison de l’OM qui était pourtant encore bien placé pour atteindre ses objectifs et l’entraîneur subira un acharnement curieux de la part de certains comptes spécialisés sur l’OM mais aussi dans les médias traditionnels. L'ex-marseillais héritera aussi d'un groupe vidé, marqué par des défaites et des désillusions, marqué par un entraîneur prêt à dégoupiller pour rien et par un Directeur du Football qui, dit-on, ne les lâche pas d'une semelle au point d'être trop intrusif. Des joueurs mauvais sur le terrain alors qu'ils suffisent largement pour lutter pour le titre. A l'image d'un Benjamin Pavard plus adepte des boîtes de nuit que des efforts à l'entraînement, ou d'un Hojbjerg méconnaissable depuis le départ de Rabiot. L’écart qui séparait Benatia et les joueurs olympiens s’est agrandi si bien que plusieurs joueurs ne lui disaient même plus bonjour. Le comportement du Directeur du Football/Président/gardien de prison a épuisé tout le monde, même le nouveau coach Habib Beye avec qui les relations se seraient rapidement dégradées suite à plusieurs décisions de Benatia jugées inadaptées. L’OM s’enfonce au classement et les joueurs, également responsables du déclin du club, paraissent vidés. L’équipe ne dégage plus rien et la course à la qualification à la Ligue des Champions est perdue. Des mises au vert obligatoires, éprouvantes et punitives ont eu raison du moral des joueurs et de la relation entre Benatia et Beye. La gestion du cas Aubameyang est aussi un sujet de discorde. Le coach le dira en substance lors d’une conférence de presse, expliquant qu’il n’est pas à l’origine de la mise à l’écart de l’international gabonais suite à l’épisode de l’extincteur. Sur les réseaux et dans la presse, un déferlement d’informations ou de rumeurs inonde presque quotidiennement le fil d’actualité de l’OM. Certains joueurs sont jetés en pâture, l’on invente des histoires imaginaires entre Beye et son vestiaire. Le club subit un acharnement quasi quotidien et Habib Beye rétablira la vérité lors de certaines prises de parole, avant de ne plus s’exprimer sur le sujet, resserrant son discours sur sa relation avec ses joueurs, comme Mason Greenwood qui était au centre des informations/rumeurs qui fuitaient dans la presse et selon lesquelles sa relation avec Beye était au point mort et sujet de crispation au quotidien. Si certains avaient des doutes concernant le conflit entre Benatia et les joueurs, celui-ci a déclaré aux micros de Ligue 1+ « je ne suis pas là pour me faire aimer des joueurs ». Avouant sans s’en rendre compte que plus rien ne le rattache à cet effectif. Sans remettre en question les qualités de Medhi Benatia en tant que Directeur Sportif, il est évident que le caractère de l’intéressé a semé la discorde. Son tempérament, couplé à celui de Roberto De Toxique et à la pression constante et débile à laquelle l’OM est constamment soumis, a eu raison d’un projet qui s’annonçait magnifique sur le papier mais qui n’a jamais pris son envol malgré l’illusion créée par la saison 2024/2025 et la deuxième place. Le club est même devenu la risée des médias et des réseaux sociaux après la fuite d’informations/rumeurs/mensonges complètement lunaires sur la toile. Devenu la risée du championnat à cause de l’attitude de ses joueurs et des résultats. Depuis son commencement, ce projet était assis sur une bombe et au lieu de la désamorcer, tout le monde au club s’est employé à la faire exploser. Tout le monde est responsable. Le caractère bien (trop) trempé d'un Medhi Benatia ambitieux, un Roberto De Zerbi brûlant adepte du chantage affectif, la pression quotidienne du club, des joueurs incapables de résister à cette pression, ont eu raison d'un projet bâti sur le feu et qui fut constamment alimenté par les joueurs et les dirigeants. L'OM brûlait mais ne s'en rendait pas compte. L'OM s'est tiré une balle dans le pied mais personne n'osera l'avouer. La récente sortie médiatique de Medhi Benatia en zone mixte après la victoire contre Rennes ressemblait plus à une tentative de se sauver qu'à autre chose. Si l'intéressé a choisi des mots justes et que, sur le fond, son discours tient parfaitement la route, il laisse néanmoins un goût amer car personne dans ce club, des dirigeants jusqu'aux joueurs, ne semble capable d'avouer ses fautes. Pire, Benatia fait du Benatia et ne fait, au final, que charger les joueurs qui sont certes responsables, mais il semble incapable de prendre du recul et de se rendre compte de ses propres erreurs. Et les maux de l'OM viennent aussi peut-être de là. Il y a une incapacité à accepter ses erreurs. Une incapacité à se rendre compte quand ça va trop loin. Une incapacité à savoir quand et comment arrêter les sorties médiatiques, quand et comment arrêter de jeter de l'huile sur un feu qui consume un projet alors qu'il débute à peine. Personne n'a réussi à comprendre et à gérer la situation. Mais plus grave encore, personne n'a voulu ouvrir les yeux. Personne n'a accepté l'échec et personne n'a assumé cet échec. Tous ont quitté ou ont voulu quitté le navire, à l'inverse de Pablo Longoria qui a été gentiment poussé vers la sortie. A partir du mois de février jusqu'au dernier match de la saison, l'Olympique de Marseille a offert un spectacle navrant, sur les terrains de Ligue 1 mais aussi dans la presse. Les supporters ont été trahis mais ils n'ont jamais été aussi calmes, certainement fatigués et usés par un club énergivore sans cesse au bord du gouffre alors qu'il ne lui manque pas grand chose pour briller à nouveau. Sur les réseaux et chez certains médias l'on peut lire que Benatia serait le responsable de tout ce qu'il s'est passé. D'autres chargent Roberto De Zerbi ou Pablo Longoria. Certains ne s'en prennent qu'aux joueurs voire au propriétaire. La vérité dans cette histoire c'est que tout le monde est responsable de la situation du club.
L’OM ferme un livre et en commence un nouveau. Longoria, Benatia, De Zerbi et Beye sont partis. Stéphane Richard arrive pour succéder à Longoria, Grégory Lorenzi devrait succéder à Medhi Benatia. De nombreux joueurs sont annoncés partants et l’on raconte que Franck McCourt ne souhaite plus mettre la main à la poche, lassé des nombreux projets qui s’enchaînent sans succès. Lassé de dépenser son argent pour rien. L’on raconte aussi que le nouveau Président arrive pour mettre en place une cure d’austérité mais ceci est une autre histoire. Le constat est accablant, l’OM n’y arrive pas malgré quelques rares moments de satisfaction.
L’OM s’effondre toujours mais ses supporters, eux, sont toujours là.