"Le football il a changé"
16 Mai 2026
Netflix a livré ce 13 mai 2026 son documentaire sur l’affaire de Knysna dont la motivation première était de livrer la vérité sur ce scandale du football français. Hélas, bien des choses ont déjà été révélées par le passé et le documentaire, bien que très agréable à regarder, ne livre rien de vraiment neuf, sauf un Domenech encore plus détestable.
L’EQUIPE DE FRANCE ETAIT NULLE
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Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de revenir sur un point essentiel : l’Equipe de France était nulle depuis bien longtemps. La fracture entre Raymond Domenech et son groupe apparaît bien avant le mondial 2010. Après une phase de poules catastrophique lors de l’Euro 2008 et des phases de qualification pour la Coupe du Monde lamentables en terme de prestation, il était évident que cette équipe de France fonçait droit dans le mur. Il convient donc de dire une chose : oui, cette équipe était composée de très bons voire d’excellents joueurs, mais elle était nulle, à cause de plusieurs facteurs, le principal étant très certainement le sélectionneur, Raymond l’astrologue.
Patrice Evra débarque dans le documentaire de Netflix en expliquant qu’il a vécu à Compton et qu’en voyant la célébration de la victoire des Bleus en 1998 il a eu envie de gagner la Coupe du Monde. Il nous rappelle qu’il fut capitaine de Manchester United et « Monsieur Ligue des Champions » explique que les Bleus débarquent en Afrique du Sud avec la volonté claire, pourtant incohérente avec leur niveau, de gagner le Coupe du Monde. C’est appréciable d’apprendre que malgré les prestations ignobles de l’Equipe de France depuis quelques années, l’effectif avait pour ambition de gagner la plus grande des compétitions, comme si un aveugle pouvait être champion de tir à l’arc. Une chose que l’on ne peut pas enlever à Patrice Evra, en plus de sa grande carrière, c’est sa franchise et son sens de l’humour. Ses différentes interviews et prises de parole sur les réseaux sociaux sont de véritables pépites. Dans le documentaire de Netflix, il ne se trahit pas et se livre sur sa relation avec Domenech, sur son rapport au capitanat et sur les joueurs. Domenech, quant à lui, fera tout son possible pour paraître encore plus détestable et il faut ici saluer la performance. François Manardo, chef de presse de l’Equipe de France, s’était déjà exprimé sur Knysna, il revient pour éclaircir certains points mais aussi pour nous livrer un twist final digne d’Hollywood. Bacary Sagna apportera son calme et sa lucidité. William Gallas apparaît lui aussi. Il est dommage que des joueurs comme Franck Ribéry ou Thierry Henry ne soient pas de la partie. Quant à Nicolas Anelka, il s’est exprimé dans son documentaire, lui aussi sur Netflix, et au micro de l’émission de Jérôme Rothen, Rothen s’Enflamme, avec Patrice Evra.
RIEN DE NEUF MAIS C’EST BIEN
Comme précisé juste au-dessus, certains protagonistes de l’affaire de Knysna sont déjà revenus (plusieurs fois) sur cette histoire. François Manardo en tête qui a d’ailleurs commis un ouvrage sur le sujet. Anelka et Evra ont également précisé bien des choses lors de la fameuse émission Rothen s’Enflamme, quelques années après l’embrouille entre « Monsieur Ligue des Champions » et le blondinet du Parc des Princes. Au final, s’il est appréciable de voir que les discours concordent, aucun nouvel élément n’est apporté, à deux ou trois détails près, mais le documentaire confirme plusieurs choses : Anelka n’a jamais prononcé les insultes rapportées dans la Une du seul quotidien sportif de France. L’équipe de France était au bord de l’implosion. Raymond Domenech fait tout son possible pour être encore plus détesté et son communiqué publié sur ses réseaux après la diffusion du documentaire est hors sol. L’ancien sélectionneur des Bleus donne l’étrange impression de se jeter en pâture dès les premières minutes et il fait tout son possible durant les 1h20 du documentaire pour se hisser à la première place des personnes les plus détestables du monde du foot. Quelques extraits (bien choisis, disons-le) de son journal intime montrent un astrofootballogue vulgaire et dépassé par les événements qui semble n’aimer personne au sein de cet effectif, même Yohan Gourcuff se prend une balle perdue.
Sébastien Tarrago et Vincent Duluc, responsables de la Une de l’Equipe ne s’excuseront jamais d’avoir commis le premier titre putaclic, bien avant Siphano, le célèbre youtuber Nintendo. Ce qui ressort de ce documentaire est le mépris absolu d’une certaine caste envers des joueurs issus de la banlieue, que l’on chérit et que l’on remercie quand ils gagnent, mais que l’on détruit s’ils perdent et, ceux-ci, sont tombés dans le piège du sélectionneur lors de l’épisode du bus (qui est en réalité un car). Ils sont également tombés dans le piège politique tissé par Domenech, Roselyne Bachelot et Escalettes et personne n’a essayé de trier le vrai du faux de cette histoire. Le pouvoir médiatique et politique s’était emparé de l’affaire et Nicolas Anelka, tête de turc de la presse française depuis son transfert du PSG à Arsenal en 1997, ne pouvait rien faire. Ils se sont tous réunis pour détruire plusieurs joueurs en les insultant, manipulant l’opinion d’un public mal informé et, disons-le, un peu arriéré. Il serait appréciable de voire autant d’efforts déployés par tout un système pour dénoncer des politiciens aux mœurs dépravées qui traînent des casseroles bien sales mais que voulez-vous, la presse est trop occupée à tirer sur des joueurs de football piégés à leur propre jeu et par leur sélectionneur, très ami avec ce fameux système, puisqu’il peut aujourd’hui se permettre de donner son avis sur le football sur la chaîne l’Equipe. En définitive, rien de nouveau dans « Le Bus » mais avec du recul cette affaire paraît encore plus ahurissante aujourd’hui. Elle a pris des proportions démesurées, exagérées par la presse et les politiciens. Oui, les Bleus ont un peu déconné hors du terrain. Méritaient-ils de se faire détruire ? Non. La presse hexagonale s’est-elle acharnée sur ses joueurs ? Oui. Pourrait-elle en faire autant pour un ancien ministre souvent cité dans des affaires ignobles ? Oui. Le fera-t-elle ? Jamais de la vie. Une certaine caste a-t-elle du mal avec les origines d’une partie des joueurs ? Assurément. A-t-elle nourri l'extrême droite alors qu'elle prétend la combattre ? Absolument.
Le rayon de soleil de ce documentaire est une intervention de François Manardo, ex-chef de presse des Bleus à l’époque, qui dégaine la fameuse lettre « des joueurs » lue par Raymond Domenech devant toute la presse française le jour de la grève. Tout sourire, François Manardo déclare malicieusement qu’il pourrait faire une photocopie de cette lettre et l’offrir à Raymond l’astrologue, lui qui se demandait où elle se trouvait depuis toutes ces années. Il est appréciable de voir que lui aussi a été pris pour un con.
Merci François Manardo.